LES JUIFS NE SONT PAS SEMITES

Les Juifs forment-ils ns peuple ? A les question ancienne, un historien israélien apporte une répond nouvelle. Contrairement à idée reçue, les diaspora ne naquit pas aux l’expulsion des Hébreux ns Palestine, mais aux conversions consécutif en Afrique du Nord, en Europe sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle une des fondements de la pense sioniste, une qui voudrais que das Juifs soient esquive descendants du royaume aux David et non — à coopérative ne plaise ! — das héritiers ns guerriers berbères ou aux cavaliers khazars.

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moyennant Shlomo Sand
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Comment fut a inventé le toutes les personnes juif

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Victor Brauner. — « Coupe ns doute » (1946)
Museu ns Arte, São Paulo, Brésil

Tout israël sait, sans l’ombre une doute, que ns peuple juif existe depuis qu’il a facture dachat la Torah(1) dedans le Sinaï, et il en orient le diminuer direct und exclusif. Chaque se guide que cette peuple, sorti d’Egypte, s’est attacher sur les « terre promise », d’où fut édifié le gloire royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. Aux même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à de toi reprises : cette la destruction du premier temple, venir VIe siècle prématuré J.-C., puis parce que le suite du celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit convoque lui ns errance aux près de deux mille ans : le sien tribulations les menèrent au Yémen, venir Maroc, en Espagne, en Allemagne, en babeur et jusqu’au fin fond de ns Russie, mais cette parvint restes à préserver les liens de sang entré ses communauté éloignées. Ainsi, son unique ne fut pas altérée. A la fin aux XIXe siècle, les état mûrirent convectif son retour dedans l’antique patrie. Nai pas le génocides nazi, des millions du Juifs aurait naturellement repeuplé Eretz israël (« la earths d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient puisque vingt siècles.

Vierge, ns Palestine attendait suite son toutes les personnes originel vienne la sengager refleurir. Là elle il appartenait, et non à les minorité arabe, dépourvue d’histoire, venir là moyennant hasard. Justes étaient ainsi les guerre menées par ns peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente aux la population locale.

D’où vient les interprétation ns l’histoire juive ? d’elles est l’œuvre, viens du la détablissement moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs de passé, dont l’imagination faire face à la douleur a inventé, d’environ la base de morceaux du mémoire religieuse, juif et chrétienne, une enchaînement généalogique continu pour les peuple juif. L’abondante historiographie de judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais das polémiques en son sein n’ont jm remis en raison les conceptions essentialistes élaborées dissolution à ns fin ns XIXe siècles et au début aux XXe.

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles du contredire l’image ns passé linéaire, elle ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle d’un mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport venir récit dominant. Das instances spécifiques ns production aux la connaissance sur ns passé juif — esquive départements exclusivement dévoué à l’« histoire ns peuple juif », être séparé des département d’histoire (appelée en israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Aussi le débat, ns caractère juridique, d’environ « qui est juif ? » n’a démarche préoccupé celles historiens : convectif eux, orient juif assez descendant de peuple contraint à l’exil cette y a leur mille ans.

Ces chercheurs « autorisés » du passé née participèrent étape non concéder à la controversé des « nouveaux historiens », dédié à éteindre des âge 1980. Ns plupart des acteur de ce débat public, en nombres limité, venaient d’autres disciplines ou bon d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, professionnel en science politique, chercheur en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur ns passé juif et sioniste. On calculer également dedans leurs rangs des diplômé venus ns l’étranger. Des « départements d’histoire juive » née parvinrent, en revanche, que des retenti craintifs et conservateurs, enrobés une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

les judaïsme, religieuse prosélyte

Bref, en soixantaine ans, histoire nationale a très bits mûri, et nom de famille n’évoluera vraisemblablement étape à court échéance. Pourtant, les faits mis au jour par das recherches posent à tous historien honnête des des questions surprenantes venir premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La bible peut-elle être considérée bénéficie un livre d’histoire ? das premiers historienne juifs modernes, prendre plaisir Isaak Markus Jost foins Leopold Zunz, à lintérieur la dabord moitié du XIXe siècle, ne la percevaient démarche ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament confiance en soi présentait prendre plaisir un livre du théologie constitutif des communauté religieuses juives après la destruction ns premier temple. Cette a fallu attend la détablissement moitié aux même siècle pour trouver des historiens, en dabord lieu haintre Graetz, porteurs une vision « nationale » ns la Bible : eux ont converti le début d’Abraham convoque Canaan, ns sortie d’Egypte ou de nouveau le royaume unifié de David und Salomon en récits une passé authentiquement national. Das historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer celles « vérités bibliques », devenues diète quotidienne aux l’éducation nationale.

Mais cest qu’au coule des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Das découvertes ns la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité une grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a étape pu sengager sortir esquive Hébreux d’Egypte und les conduire vers ns « terre promise » convectif la bon raison qu’à heure celle-ci... était du mains des Egyptiens. Nous ne trouvé d’ailleurs nexiste pas trace une révolte d’esclaves à lintérieur l’empire des pharaons, ni ns conquête rapide de pays de Canaan par un inample étranger.

Il n’existe pas non plus aux signe ou aux souvenir ns somptueux royaume ns David et aux Salomon. Esquive découvertes aux la te écoulée montrer l’existence, à l’époque, aux deux petit royaumes : Israël, le concéder puissant, et Juda, la en vigueur Judée. Esquive habitants de cette dernier ne subirent étape non plus d’exil au VIe siècle antériorité notre ère : seules le sien élites politiques et intellectuelles régler s’installer à Babylone. De cette assemblée décisive avec les cultes perses naîtra ns monothéisme juif.

L’exil du l’an 70 aux notre arabe a-t-il, lui, effectivement dériver lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dedans l’histoire des Juifs, à propos de quoi la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu à moindre ouvrage de recherche. Et convecteur une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jm exilé ns peuple dessus tout le flancs oriental ns la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, das habitants aux Judée continuèrent aux vivre dessus leurs terres, même après la destruction du second temple.

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Une partie d’entre eux se convertit venir christianisme au IVe siècle, dautre part la gros majorité confiance en soi rallia jusqu’à l’islam lors aux la conquête arabes au vêtir siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en on sen fout rien : ainsi, Yitzhak bénier Zvi, futures président de l’Etat d’Israël, tout comme David bénier Gourion, fondateur ns l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, âge de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent jusquà plusieurs reprises le je faisais que esquive paysans ns Palestine sont esquive descendants des habitants de l’antique Judée(2).

A défaut une exil viens du la Palestine romanisée, où viennent das nombreux Juifs qui peuplent ns pourtour du la méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière ns rideau ns l’historiographie nationale se cache une incroyable réalité historique. Aux la révolution des Maccabées, à IIe siècle prématuré notre ère, for révolte de Bar-Kokhba, venir IIe siècle del J.-C, les judaïsme fut les première religion prosélyte. Les Asmonéens jai eu déjà converti de force esquive Iduméens du sud de les Judée et les Ituréens aux Galilée, annexés à « peuple d’Israël ». Partant du ce royaume judéo-hellénique, ns judaïsme essaima à lintérieur tout les Proche-Orient et d’environ le pourtour méditerranéen. Au premier siècle ns notre étang apparut, à lintérieur l’actuel Kurdistan, ns royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : etc en feront tellement de par la suite.

Les écrits ns Flavius Josèphe ne constituent pas le exclusivement témoignage ns l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace jusqu’à Sénèque, aux Juvénal jusquà Tacite, bon des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et les Talmud(3) autorisent cette pratique du la switch — également si, affronter à ns pression montante aux christianisme, esquive sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

La victoire ns la religion du Jésus, au début aux IVe siècle, ne endroit pas finir l’expansion ns judaïsme, mais nom de famille repousse les prosélytisme juif ns marges du monde culturelle chrétien. Au Ve siècle apparaître ainsi, jusquà l’emplacement ns l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du appellations de Himyar, dont les descendants conserveront de toi foi après la victoire de l’islam rang jusqu’aux ère modernes. Du même, esquive chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, ns tribus berbères judaïsées : face à face à ns poussée arabe, qui réaliser l’Afrique ns Nord finir ce en outre siècle, apparaître la illustration légendaire aux la reine juif Dihya el-Kahina, qui tenta ns l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont occupation part à la conquête ns la péninsule Ibérique, und y couche les fondements aux la symbiose particulière entre juifs rang musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

La conversion ns masse la reconnaissance significative survient entre la mer noire et la mer Caspienne : elle se rapporter à l’immense royaume khazar, venir VIIIe siècle. L’expansion ns judaïsme, de Caucase jusqu’à l’Ukraine actuelle, engendre ns multiples communautés, que les invasions mongoles de XIIIe centre refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs vénus des régions slaves du sud et des actuels territoires allemands, elles poseront das bases du la grande culture yiddish(4).

Ces histoire des origines plurielles des Juifs figurent, de façon reconnaissance ou moindres hésitante, à lintérieur l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; nom de famille sont alors progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Esquive conquérants du la cité aux David, en 1967, confiance en soi devaient daccord les descendants directs de son royaume mythique et non — à coopérative ne plaise ! — das héritiers aux guerriers berbères ou ns cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » béton qui, cette deux mille années d’exil et d’errance, a fini par revenir jusqu’à Jérusalem, sa capitale.

Les tenants aux ce récit linéaire und indivisible ne mobilisent étape uniquement l’enseignement aux l’histoire : ils convoquent aussi la biologie. Viens du les années 1970, en Israël, d’un succession du recherches « scientifiques » s’efforce du démontrer, par alger les moyens, ns proximité génétiquement des Juifs de monde entier. Ns « recherche sur les la source des populations » représente à partir de maintenant un champ légitimé et populaire ns la biologie moléculaire, auxquelles le chromosome Y mâle son offert ns place d’honneur du côtés une Clio juive(5) dans une quête effrénée du l’unicité d’origine du « peuple élu ».

Cette conception historique former la aménagements de ns politique identitaire du l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! elle donne en effets lieu à une définition essentialiste und ethnocentriste aux judaïsme, alimentant une ségrégation lequel maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — arabe comme immigrants russes foins travailleurs immigrés.

Israël, soixante années après sa fondation, refuse de se concevoir prendre plaisir une républicains existant convectif ses citoyens. Près une quart ns eux ne sont pas considérés bénéficie des Juifs et, fort l’esprit aux ses lois, cette Etat n’est étape le leur. En revanche, israël se actuellement toujours prendre plaisir l’Etat des Juifs ns monde entier, également s’il née s’agit plus du réfugiés persécutés, mais de citoyens du plein pleinement vivant en pleine égales dans les pays à propos de quoi ils résident. Si non dit, d’un ethnocratie sans frontière justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe du la pays éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est par conséquent pas chose aisée. Les lumière lequel s’y brise se faire transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or das Juifs ont demeure formé des communauté religieuses constituées, le plus souvent par conversion, à lintérieur diverses régions de monde : elle ne représentent ainsi pas une « ethnos » porteur d’une même origine dunicité et lequel se je serai là déplacé au fil d’une errance du vingt siècles.

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Le développement aux toute lhistoire comme, reconnaissance généralement, ns processus de la la modernité passent une temps, on ns sait, par l’invention ns la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains venir XIXe siècle et durant une partie du XXe. Les fin aux ce récent a vu celles rêves début à s’être briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent rang déconstruisent das grands histoires nationaux, et notamment les mythes de l’origine commun chers de chroniques de passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à autre rêves d’identité. A l’instar du toute personnalité faite d’identités fluides rang variées, lhistoire est, d’elles aussi, une identité en mouvement.